Actualités

Débat: Le financement par le public, en France également

Imprimer cette page

6 December 2011

Les nouveaux modes de financement du journalisme ont donné lieu à un débat intrigant à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. À l’occasion de Scoop, le 26e festival européen du journalisme, un vent de renouveau a soufflé sur le vieil amphithéâtre de la prestigieuse école lilloise. Des acteurs du photojournalisme ont bousculé les habitudes en proposant des modes alternatifs de financement de leurs reportages.

Scoop Lille À la table des orateurs, le Français Adrien Aumont, le fondateur de Kisskissbankbank, un site spécialisé dans la collecte de fonds pour financer des projets divers (le “crowdfunding”), et Fanuel Dewever, d’Emphas.is, autre site de financement spécialisé sur le photojournalisme.

Olivier Lambert, co-auteur de web-documentaires, a été financé par la première de ces plateformes de “crowdfunding”. Comme jeune pigiste, il a d’abord galéré pour boucler son premier projet. Il a ensuite fait appel à Kisskissbankbank pour son nouveau travail. Cette plateforme sélectionne et présente des projets sur son site et invite des donateurs à délier les cordons de leur bourse, pour un euro ou toute autre somme. En contrepartie, un cadeau leur sera offert en fonction du type de projet et du montant investi. Ce système fonctionne aux États-Unis et commence à décoller en France. Il crée de véritables communautés d’intérêt et de dialogue autour de projets, qui se contactent par mail ou via Facebook ou Twitter. Le travail du journaliste ou du photographe est placé au centre du débat. Il n’y a pratiquement plus d’intermédiaires. Sauf lors de la diffusion, là il faut encore démarcher un autre média pour faire aboutir le travail.

Wilfrid Estève, de l’observatoire du photojournalisme, estime que le travail est conçu tout à fait autrement, non plus en fonction des exigences des différentes rédactions mais bien en vue d’être décliné sur différents supports : Web, TV, tablette graphique, magazine… On ne se demande plus “pour qui ?”, mais “comment ?” on décline le travail. L’objectif n’est pas de court-circuiter les médias traditionnels mais bien de soutenir la production d’œuvres originales. Et, si possible, en bonne intelligence avec les médias classiques.

Jean-Pierre Borloo
A Lille

Tags : , , , ,